• Michel Onfray et Freud : Une guerre perpétuelle

    Mes chers lecteurs, L’automne 2014 aura été, pour les milieux intellectuels français, l’occasion d’une mise en accusation spectaculaire. Michel Onfray, philosophe caennais dont le style tranchant ne laisse personne indifférent, organisait cette année-là, dans le cadre de son Université populaire de Caen, un séminaire intitulé Freud et les non-dupes. L’ambition affichée était de démolir méthodiquement…

  • Michel Onfray : Freud passé à l’acide chlorhydrique d’une pensée incomplète

    Mes chers lecteurs, Nous voici occupés à continuer notre voyage au sein de la pensée antifreudienne du très célèbre philosophe Michel Onfray. Nous voici donc maintenant dans la deuxième partie de notre analyse des positions antipsychanalytiques de notre cher philosophe. Nous nous pencherons aujourd’ hui sur son livre publié en deux mille dix et intitulé…

  • Le cas Michel Onfray : le curateur de la psychanalyse

    Mes chers lecteurs, Nous allons nous pencher quelque peu sur la pensée d’ un homme plus que connu dans les sphères de la pensée francophone : le célèbre et redoutable Michel Onfray. Je tiens d’ abord à vous préciser que la présente réflexion constitue la première partie d’ un commentaire en quatre parties qui va analyser…

  • Le cas Jacques van Rillaer : un farouche opposant au corpus lacanien

    Mes chers lecteurs, Jacques Van Rillaer s’est éteint en 2025, emportant avec lui une voix qui résonnait depuis des décennies dans les couloirs feutrés de l’université et sur les pages jaunies des revues spécialisées. Psychologue belge de formation, professeur émérite à l’Université catholique de Louvain, cet homme au regard perçant et à la plume acérée…

  • Éditorial janvier 2026

    Mes chers lecteurs, Permettez-moi tout d’abord, en cette fin d’année et en cette période de fête, de vous adresser mes vœux les plus sincères pour une année 2026 riche en développement personnel, en accroissement de soi et en une accumulation continue de richesse intellectuelle et personnelle. Notre parcours au sein des études psychanalytiques franchira cette…

  • Lacan et le Grand Siècle : une passion structurale (Alexandre Bleus)

    Méditons à présent sur cette énigme singulière qui traversa l’esprit de notre siècle : comment Lacan, cet homme dont la parole tranchante réduisait ses disciples au silence, put-il vouer une passion si constante au Grand Siècle français ? Il appert que cette inclination n’était point l’effet du hasard ni le fruit d’une érudition vaine, mais procédait d’une affinité profonde entre sa conception du symbolique et cette architecture linguistique que le dix-septième siècle avait érigée en système. Dans ces temps où la langue française atteignit une précision que les âges suivants n’ont cessé d’affaiblir, Lacan découvrit ce qui correspondait exactement à sa vision de l’inconscient structuré comme un langage. Les écrivains classiques, sans en avoir la moindre conscience, pratiquaient déjà cette chirurgie du signifiant que le psychanalyste allait théoriser trois siècles plus tard, comme si le temps lui-même avait préparé les instruments de sa propre dissection.

  • Du déclin de la psychanalyse : considérations sur une discipline abandonnée (par Alexandre Bleus)

    Méditons donc aujourd’hui, à la vue de ce paysage intellectuel transformé et de cette discipline que l’on croyait immortelle désormais gisante, la première et la dernière parole que nous pourrions prononcer sur la psychanalyse : l’une qui témoigne de son déclin apparent, l’autre qui pourrait établir ce qu’elle nous révèle encore de nous-mêmes. Que cet abandon nous convainque peut-être moins de la faillite d’une méthode que de la transformation radicale de notre rapport à l’âme humaine, pourvu que cette indifférence même, cette méfiance qui s’est installée à l’endroit des concepts d’inconscient, de refoulement, de transfert, nous apprenne en même temps quelque chose sur notre époque. La psychanalyse que nous pleurons sera un témoin fidèle de l’un et de l’autre. Voyons ce qu’une mutation culturelle soudaine lui a ravi ; voyons ce qu’elle nous avait donné lorsqu’elle régnait encore sur les territoires de la pensée occidentale. Ainsi nous apprendrons à comprendre ce que notre temps a quitté sans peine, afin d’attacher notre attention à ce que cette discipline avait embrassé avec tant d’ardeur, lorsque son projet d’exploration de l’intériorité humaine, épuré de toutes les certitudes de la science classique et plein de cette obscurité où il touchait, a vu la lumière toute manifeste de la subjectivité divisée.

  • Entre fin du monde et vérité du sujet (par Alexandre Bleus)

    La fin du monde s’impose à nos esprits contemporains avec une insistance qui ne saurait être ignorée par la psychanalyse. Cette question, qui pourrait sembler relever d’abord de la cosmologie, de la théologie ou de l’écologie, pénètre en vérité les couches les plus profondes de notre psychisme et réclame une attention particulière de la part de ceux qui s’intéressent aux formations de l’inconscient. Peut-être cette préoccupation apocalyptique n’est-elle pas tant le reflet d’une réalité extérieure menaçante que la projection sur l’écran du monde d’angoisses archaïques qui trouvent là un support où se déployer ! Toujours est-il que, lorsque le sujet évoque spontanément la fin des temps durant la cure analytique, quelque chose de son rapport à la mort, à la castration, à l’effondrement narcissique se manifeste sous un déguisement collectif qui mérite d’être décrypté. L’analyste qui entend ces récits catastrophistes doit se garder de les prendre au pied de la lettre, comme s’il s’agissait simplement d’une inquiétude raisonnable face aux périls écologiques ou nucléaires, car derrière ces scénarios de destruction universelle se cache souvent une économie psychique singulière, une organisation fantasmatique qui utilise la fin du monde comme signifiant privilégié pour dire quelque chose d’infiniment plus personnel.

  • La pensée lacanienne en 2025 : effacement institutionnel et survivances conceptuelles (par Alexandre Bleus)

    Méditons donc aujourd’hui, à la vue de ce paysage intellectuel dévasté et de ces institutions défaillantes, sur la première et la dernière parole que nous adresse l’état présent de la pensée lacanienne dans notre univers européen : l’une qui montre l’effacement apparent d’un héritage, l’autre qui établit sa persistance souterraine. Que cet effacement nous convainque de la fragilité des traditions intellectuelles, pourvu que cette persistance, où l’on observe tous les jours dans les marges de notre champ disciplinaire des résurgences conceptuelles d’un si grand prix, nous apprenne en même temps la vitalité profonde de certaines interrogations fondamentales. L’héritage que nous contemplons sera un témoin fidèle de l’un et de l’autre. Voyons ce que l’oubli programmatique lui a ravi ; voyons ce que la transmission clandestine lui a conservé. Ainsi nous apprendrons à comprendre ce que notre époque a abandonné sans réflexion suffisante, afin d’attacher toute notre attention à ce qui persiste malgré l’hostilité institutionnelle, lorsque notre pensée, épurée de toutes les certitudes méthodologiques de notre temps et pleine des questions où elle touche encore à l’essentiel, aperçoit la structure du sujet toute manifeste. Voilà les vérités que j’ai à traiter, et que j’ai crues dignes d’être proposées à ceux qui s’interrogent encore sur la place de la psychanalyse dans notre modernité tardive, et à la plus illustre assemblée de praticiens et de chercheurs qui demeurent attentifs aux impasses de notre époque.