Du langage structuré selon la logique borroméenne et de ses implications pour la théorie psychanalytique (par Alexandre Bleus)
Méditons donc en ce jour la question de ce nœud singulier que l’on nomme borroméen, et par lequel le docteur Lacan a voulu représenter l’économie de l’âme humaine dans ses rapports au langage. Que cette figure géométrique nous convainque de la complexité de notre entendement, pourvu que l’étude de ses propriétés nous apprenne en même temps la rigueur nécessaire à toute entreprise de connaissance. Les trois registres que nous nommons Réel, Imaginaire et Symbolique seront les témoins fidèles de l’architecture secrète qui préside à nos paroles. Voyons ce que cette topologie révèle de la structure du langage ; voyons ce qu’elle nous enseigne touchant la nature de l’inconscient. Ainsi nous apprendrons à discerner les lois qui gouvernent notre discours, afin d’attacher notre attention à ce que cette configuration nous manifeste lorsque l’esprit, dégagé des préjugés de la représentation classique et tourné vers les vérités de la structure, aperçoit la lumière d’une intelligibilité nouvelle. Voilà les matières que j’ai à traiter, et que j’ai crues dignes d’être proposées à ceux qui s’intéressent aux fondements de la psychanalyse et aux mystères du sujet parlant.