Le moi lacanien à l’épreuve du nœud borroméen (par Alexandre Bleus)
Il appert que penser le moi à la lumière de la topologie lacanienne, et plus singulièrement du nœud borroméen, constitue une opération conceptuelle dont la difficulté n’est pas moindre que la récompense qu’elle promet. En effet, ce que Jacques Lacan élabore dans ses derniers séminaires dépasse en rigueur et en audace les bornes de la psychologie traditionnelle. On peut remarquer avec aisance que la question du sujet ne saurait plus être posée dans les termes familiers d’un ego centré, unifié, maître de ses affects et architecte de ses intentions. Le moi, dans cette pensée, devient le théâtre même de la méprise — mieux : une image, une surface, un pli du langage, pris dans les nœuds du Réel, du Symbolique et de l’Imaginaire.